Pratiques commerciales déloyales : définition et exemples en Belgique

Entre une réduction « valable jusqu’à ce soir » qui revient chaque semaine, un abonnement qui se glisse dans le panier, ou un démarchage qui joue sur la peur et l’urgence, le consommateur belge est souvent confronté à des méthodes de vente qui brouillent la frontière entre persuasion et manipulation. Le droit, lui, pose une ligne claire : certaines pratiques sont interdites parce qu’elles faussent votre choix, ou parce qu’elles vous mettent sous pression.

Cette page vous donne une lecture structurée de la notion de pratique commerciale déloyale en Belgique, avec les définitions utiles, des exemples concrets et des pistes d’action réalistes. Objectif : vous aider à reconnaître les signaux d’alerte et à réagir sans perdre de temps.

Qu’est-ce qu’une pratique commerciale déloyale ?

Définition légale en Belgique

En Belgique, l’interdiction des pratiques commerciales déloyales figure dans le Code de droit économique (CDE), au Livre VI (« Pratiques du marché et protection du consommateur »). Le cadre vise les comportements d’une entreprise envers un consommateur, avant, pendant ou après un achat.

Dans la logique européenne, une pratique est considérée comme déloyale lorsqu’elle viole la diligence professionnelle attendue d’une entreprise et qu’elle est susceptible d’altérer de manière substantielle le comportement économique du consommateur, c’est-à-dire sa décision d’achat (acheter, ne pas acheter, payer, s’abonner, changer de produit, résilier, etc.). eur-lex.europa.eu

Le droit prend aussi en compte la vulnérabilité. Si une pratique vise, ou touche de manière prévisible, un groupe particulièrement vulnérable (par exemple en raison de l’âge, de la crédulité ou d’une infirmité), l’évaluation se fait du point de vue du membre moyen de ce groupe. credit2consumer.be

Principes généraux (directive européenne, respect du consommateur, etc.)

Le socle est européen : la directive 2005/29/CE sur les pratiques commerciales déloyales harmonise les règles dans l’Union et distingue deux grandes familles :

  • les pratiques trompeuses (par action ou par omission) ;
  • les pratiques agressives (pression, contrainte, influence injustifiée).

Elle contient aussi une « liste noire » de pratiques interdites en toutes circonstances. Cette liste a été modernisée, notamment via la directive (UE) 2019/2161 (règles applicables depuis le 28 mai 2022) et via la directive (UE) 2024/825, dont certaines règles devront s’appliquer à partir du 27 septembre 2026, notamment sur des formes d’écoblanchiment et de désinformation environnementale. En février 2026, on est donc dans une période de transition : le mouvement est clair, mais toutes les nouvelles interdictions ne sont pas encore applicables. eur-lex.europa.eu

Mon avis est simple : ce cadre n’interdit pas de convaincre, il interdit de piéger. Une entreprise peut mettre en avant ses atouts, mais elle ne peut pas fabriquer un faux sentiment d’urgence, cacher une information déterminante, ou exploiter une fragilité pour forcer une décision.

Les différentes formes de pratiques commerciales déloyales

Pratiques trompeuses

Une pratique trompeuse, c’est une pratique qui induit en erreur, ou risque d’induire en erreur, le consommateur moyen. Le piège ne se limite pas au mensonge direct : la présentation globale, la formulation, les images, les petites lignes, ou l’ambiguïté peuvent suffire.

Le droit européen vise notamment deux mécanismes : les actions trompeuses et les omissions trompeuses. eur-lex.europa.eu

  • Action trompeuse : information fausse, ou information exacte mais présentée de façon à tromper (sur le produit, son prix, ses caractéristiques, l’identité du vendeur, les garanties, etc.). eur-lex.europa.eu
  • Omission trompeuse : une information importante est absente, illisible, trop tardive, ou noyée dans des conditions générales, de sorte que le consommateur prend une décision qu’il n’aurait pas prise. eur-lex.europa.eu

Pratiques agressives

Une pratique agressive repose sur la pression : harcèlement, contrainte, y compris la force physique, ou influence injustifiée. L’idée n’est pas seulement que « c’est désagréable », mais que votre liberté de choix est réduite de manière significative. eur-lex.europa.eu

Les facteurs pris en compte sont très concrets : le moment et la persistance, les menaces (même verbales), l’exploitation d’un malheur ou d’une circonstance grave, ou encore les obstacles imposés quand vous voulez exercer vos droits contractuels. wipo.int

Exemples concrets en Belgique

Au quotidien, les situations typiques suivent des schémas connus :

  • une publicité qui exagère au point de créer une fausse croyance sur un avantage décisif ;
  • un webshop qui affiche un prix « final » puis ajoute des frais incontournables à la fin ;
  • une offre « gratuite » qui cache un abonnement ;
  • un démarchage insistant au domicile ou par téléphone malgré un refus clair ;
  • des sollicitations répétées qui exploitent la peur (amendes, dettes, coupure de service).

Pour une approche plus large, vous pouvez aussi lire la page pilier du cocon sur les droits du consommateur via l’ancre : droits consommateurs belgique protection.

Exemples réels et cas fréquents en Belgique

Publicité mensongère

La publicité mensongère est un cas classique de pratique trompeuse. Elle peut porter sur :

  • les performances ou caractéristiques du produit (capacité, composition, compatibilité, durée, effets attendus) ;
  • la disponibilité réelle (fausse rareté, fausse édition limitée) ;
  • le prix ou l’avantage financier (réduction « exceptionnelle » qui n’en est pas une) ;
  • la qualité du vendeur (certification, label, partenariat, agrément).

Si vous suspectez une communication qui embellit la réalité au point de vous induire en erreur, le sujet est approfondi dans la page dédiée accessible via l’ancre : publicite trompeuse belgique droits consommateur.

Omissions ou informations trompeuses

Beaucoup de litiges ne viennent pas d’un mensonge, mais d’un silence. Quelques exemples typiques :

  • conditions de résiliation difficiles à trouver, ou communiquées après la souscription ;
  • durée minimale ou reconduction tacite peu visible ;
  • restriction importante (zone géographique, compatibilité, limites d’usage) noyée en bas de page ;
  • frais « administratifs » inévitables ajoutés tardivement.

Dans ces cas, la question utile n’est pas « est-ce écrit quelque part ? », mais « est-ce présenté de manière claire, compréhensible et au bon moment ? ». Le droit vise la décision du consommateur, pas la chasse au détail dans 30 pages de conditions.

Vente forcée ou pression lors du démarchage

La vente forcée et le démarchage agressif apparaissent sous plusieurs formes : produit imposé, services additionnels pré-cochés, menaces de conséquences si vous refusez, visites répétées, appels insistants, culpabilisation (« vous mettez l’emploi de quelqu’un en danger »), ou promesses de gains assorties de formalités payantes.

Des exemples de pratiques agressives figurent dans la liste noire européenne, et des textes belges antérieurs, publiés notamment en versions consolidées, reprennent ces interdictions (par exemple, visites au domicile en ignorant la demande de partir, sollicitations répétées non souhaitées, exiger le paiement de produits non demandés). wipo.int

Exemples jurisprudence / actualités belges

La jurisprudence belge sur les pratiques commerciales déloyales se lit souvent via des actions en cessation et des décisions liées au CDE. Le mécanisme est important à connaître : des autorités et certaines associations peuvent agir pour faire constater une infraction et obtenir l’arrêt d’une pratique. interlex-portal.eu

Sur le terrain, l’Inspection économique traite aussi des signalements et peut intervenir, demander la régularisation et, selon les cas, dresser procès-verbal menant à transaction, amende administrative ou poursuites pénales. Elle peut également publier temporairement des notifications sur des entreprises et pratiques préjudiciables dans des domaines comme les télévendeurs, webshops, recouvrement, ou démarchage publicitaire. economie.fgov.be

À garder en tête : une « actualité » n’est pas forcément un arrêt médiatisé. En droit de la consommation, l’actualité, ce sont aussi les modes opératoires récurrents identifiés par l’administration et les volumes de signalements. À ce titre, le SPF Économie publie des chiffres sur les plaintes et signalements liés à l’économie numérique, dont le commerce électronique. economie.fgov.be

Quels sont vos droits face à une pratique commerciale déloyale ?

Textes de loi applicables (Code de droit économique, etc.)

Pour un consommateur en Belgique, les références de base sont :

  • le Code de droit économique, Livre VI, qui organise l’interdiction des pratiques déloyales envers les consommateurs et décline les pratiques trompeuses et agressives ; wipo.int
  • la directive 2005/29/CE et ses modifications, qui structurent l’interprétation des notions comme « consommateur moyen », « diligence professionnelle » et « liste noire ». eur-lex.europa.eu

En pratique, ces textes servent à deux choses : faire cesser une pratique et, selon le cas, obtenir réparation via les voies civiles (par exemple si un contrat a été conclu dans des conditions problématiques) ou soutenir une plainte administrative.

Recours possibles pour le consommateur

Les recours dépendent de votre situation :

  • Avant paiement : arrêter la transaction, conserver des preuves, vérifier l’identité de l’entreprise et les conditions. Cette étape est souvent la plus efficace.
  • Après paiement : contester par écrit, demander l’exécution (livraison, service) ou la résiliation, activer les garanties et droits contractuels, exiger un remboursement si une pratique a vicié votre consentement.
  • Collectif et administratif : signaler au SPF Économie pour alimenter les enquêtes et permettre des suites (mise en demeure, amende, poursuites). economie.fgov.be

Si la situation ressemble davantage à une fraude ou à une escroquerie structurée, l’approche « pratique commerciale déloyale » ne suffit pas toujours. La page dédiée aux arnaques vous sera utile via l’ancre : arnaque consommateur belgique recours.

Comment se protéger et agir en cas de pratiques commerciales déloyales ?

Étapes à suivre (recommandations pratiques)

Une réaction utile suit un ordre logique. Voici une méthode simple, adaptée au contexte belge :

  • 1) Rassembler les preuves : captures d’écran (offre, prix, conditions), emails, confirmations, historique de paiement, numéro de commande, enregistrement d’appels si vous en avez (en respectant les règles applicables), nom de domaine et coordonnées affichées.
  • 2) Écrire au vendeur : message daté, factuel, demandant une solution précise (livraison, remboursement, annulation, suppression d’un service ajouté). Évitez le téléphone seul, il laisse peu de traces.
  • 3) Bloquer l’escalade : résilier un abonnement si nécessaire, contester un paiement ou surveiller les prélèvements, changer de mot de passe si le contexte est numérique.
  • 4) Signaler : même si vous pensez être « un cas isolé », le signalement sert à repérer des séries et à déclencher des contrôles.
  • 5) Chercher un mode de résolution adapté : médiation, plainte, action en justice selon les montants et l’urgence.

Pour les pratiques liées à l’e-réputation et aux plateformes (notations, classements, commentaires), le problème se pose différemment. La page sur les avis truqués est un bon complément via l’ancre : faux avis en ligne recours belgique.

Contacts, signalement et organismes compétents en Belgique

Le point d’entrée le plus simple, côté administratif, est le SPF Économie via ConsumerConnect. Le service permet de s’informer et de signaler une pratique à l’Inspection économique, qui analyse les signalements et peut enquêter. news.economie.fgov.be

Le SPF Économie publie aussi des notifications et alertes sur des pratiques préjudiciables dans certains secteurs, ainsi que des listes temporaires, afin de limiter les dommages aux consommateurs. economie.fgov.be

Dans les situations où vous êtes déjà engagé contractuellement, une médiation peut être pertinente. Le choix du service dépend du secteur (énergie, télécoms, services financiers, etc.). ConsumerConnect a justement été pensé pour guider le consommateur vers le bon canal selon le problème décrit. news.economie.fgov.be

Lien avec d’autres pratiques déloyales et ressources complémentaires

Publicité trompeuse, vente forcée, faux avis, abonnements cachés…

Les pratiques commerciales déloyales forment une « famille » : mêmes mécanismes, mêmes réflexes de preuve, parfois les mêmes acteurs. Quelques liens utiles dans le cocon :

  • Publicité et promesses exagérées : publicite trompeuse belgique droits consommateur
  • Fraudes, fausses boutiques et techniques d’arnaque : arnaque consommateur belgique recours
  • Manipulation via l’e-réputation : faux avis en ligne recours belgique
  • Vue d’ensemble des protections et démarches : droits consommateurs belgique protection

Un mot sur les abonnements cachés : ils mélangent souvent omission trompeuse (conditions peu visibles) et design qui pousse à cliquer. Le droit évolue, et la mise en application pratique dépend beaucoup des preuves (captures et parcours utilisateur). C’est un domaine où la vigilance du consommateur est encore trop sollicitée, à mon goût.

Où trouver de l’aide et se renseigner davantage ?

Quand vous doutez, cherchez d’abord une information officielle et structurée, puis conservez tout ce qui documente l’offre et le parcours d’achat. Les ressources du SPF Économie, en particulier via ConsumerConnect et les pages « notifications et alertes », donnent un aperçu utile des modes opératoires et des suites possibles. news.economie.fgov.be

Certains contenus « cross-cluster » peuvent aussi éclairer des situations de contrôle ou de conformité au sens large, même si le sujet n’est pas strictement la consommation, comme « Je pensais être en règle avec mon gilet et mon triangle ». L’intérêt est de rappeler un principe commun : quand l’information est mal comprise ou mal présentée, le conflit arrive vite, et celui qui garde des preuves gagne du temps.

Dernier mot : reprendre la main, sans se fatiguer

Une pratique commerciale déloyale vise souvent à vous faire agir vite, sans vérifier, sans relire, sans comparer. Le bon réflexe est l’inverse : ralentir, capturer l’information, et utiliser les canaux belges de signalement quand le comportement dépasse la simple « technique de vente ». La question qui reste, en 2026, est moins juridique que politique : combien de parcours d’achat devraient encore être conçus pour piéger l’inattention plutôt que pour mériter la confiance ?

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