Remboursement des lunettes par la mutuelle en Belgique : qui y a droit, combien, et à quelle fréquence

L’INAMI rembourse principalement les verres correcteurs, pas les montures, sauf pour les moins de 18 ans. La mutuelle peut ensuite ajouter un forfait via son assurance complémentaire, de 50 € par an à 120 € tous les 3 ans selon l’organisme. Les deux interventions se cumulent, à condition de respecter les règles de chacune.

Aucune intervention de l’INAMI pour des verres achetés en ligne.

À retenir
  • L’INAMI rembourse surtout les verres correcteurs, pas les montures, sauf pour les moins de 18 ans.
  • Le forfait complémentaire varie de 50 € par an à 120 € tous les 3 ans selon la mutualité.
  • Une prescription médicale est valable 6 mois et doit précéder l’achat chez un opticien agréé.

Le socle de l’INAMI : une prescription, un opticien agréé, des seuils de dioptries

Tout commence chez l’ophtalmologue, qui rédige une prescription médicale pour verres de lunettes (annexe 15bis). L’opticien agréé remet ensuite une attestation de délivrance (annexe 15), preuve que les verres ont bien été reçus. Ces deux documents partent alors à la mutualité, qui calcule l’intervention. Les opticiens indiquent que la prescription reste valable 6 mois, ce qui laisse peu de temps pour traîner entre la consultation et l’achat.

Chez l’adulte, l’intervention vise les défauts de réfraction d’au moins plus ou moins 6 dioptries pour des verres unifocaux et 4,25 pour des verres bifocaux ou progressifs. Elle couvre la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie.

Le renouvellement obéit à ses propres règles. Pour les corrections intermédiaires, les opticiens décrivent un délai de cinq ans minimum depuis le dernier remboursement, ou une différence d’au moins 0,5 dioptrie. À partir de plus ou moins 8,25 dioptries, l’intervention est ouverte à l’achat quel que soit l’âge. Le montant réel dépend de la correction, de la matière des verres, de leur indice et du statut conventionné ou non de l’opticien.

Chez un opticien non conventionné, l’intervention baisse de 25 %.

Un point à vérifier avant de signer le devis : l’opticien doit vous informer sur le prix des verres, le remboursement et le montant restant à votre charge. Les montants minimaux par verre sont publiés sur la page officielle de l’INAMI consacrée aux verres de lunettes. Ils y sont ventilés par type de verre et par profil de patient.

Enfants et jeunes : un régime nettement plus généreux

Les moins de 18 ans touchent de 43 à 185 € par verre pour des verres unifocaux, bifocaux ou trifocaux, tous les 2 ans. La première paire de verres est prise en charge quelle que soit la dioptrie, ce qui change tout pour un enfant dont la vue baisse à peine.

La monture entre aussi dans le calcul pour cette tranche d’âge. L’intervention atteint 28 € chez un opticien conventionné et 21 € chez un non conventionné, et elle est renouvelable une fois jusqu’au 18e anniversaire. Une monture de croissance cassée à 9 ans ne vide donc pas forcément le portefeuille.

L’assurance complémentaire : des forfaits très inégaux selon la mutualité

Ici, tout dépend de la mutualité à laquelle vous cotisez. La Mutualité libérale propose jusqu’à 50 € par an pour lentilles et lunettes. Partenamut verse 75 € tous les 2 ans, Solidaris Wallonie 100 € tous les 3 ans, et la Mutualité chrétienne comme la Mutualité neutre jusqu’à 120 € tous les 3 ans. À Bruxelles, Solidaris Brabant annonce jusqu’à 60 € par personne.

Ces forfaits couvrent montures, verres et lentilles. La Mutualité neutre y met une condition : son aide ne joue que lorsque l’INAMI n’intervient pas.

Le calcul est vite fait. Si l’on retient l’ordre de grandeur couramment avancé pour une paire de lunettes, entre 300 et 400 €, un forfait de 120 € en couvre entre 30 et 40 %, et il faut attendre trois ans pour le toucher de nouveau. Un forfait annuel de 50 € rapporte, sur la même période, 150 € au total, soit plus que certains forfaits triennaux.

Les exclusions sont constantes. Les lunettes de soleil non correctrices et les lunettes de fantaisie ne sont généralement pas couvertes. Les solaires correcteurs, eux, peuvent ouvrir un droit selon certains contrats.

Les démarches pour ne rien perdre

Avant d’acheter, demandez à votre mutualité les conditions exactes de son forfait : délai de renouvellement, documents exigés, plafond. Beaucoup de mutuelles fixent leurs propres délais, généralement entre 2 et 4 ans, et la date compte à partir du dernier remboursement. Gardez aussi la facture détaillée de l’opticien, car certaines mutualités la réclament en plus de la prescription.

Choisissez, si possible, un opticien agréé et conventionné, puis faites-lui préciser sur le devis la part prise en charge par l’INAMI et celle qui reste pour vous. Envoyez ensuite l’ensemble des documents à votre mutualité sans attendre, d’autant que la prescription a une durée de vie limitée.

Un détail peut encore faire gagner de l’argent : Partenamut rembourse 75 € sans prescription médicale obligatoire, ce qui peut dépanner quand le rendez-vous chez l’ophtalmologue se fait attendre.