« Je pensais qu’il suffisait d’appeler un désinsectiseur » : pourquoi un nid de frelon asiatique en Wallonie doit d’abord passer par ce portail régional

Un nid de frelons asiatiques repéré sous la gouttière ou dans le grenier, et le premier réflexe reste souvent le même : chercher un numéro de désinsectiseur sur internet. Mais en Wallonie, ce raccourci ne fonctionne plus vraiment. Depuis 2026, la Région a mis en place un circuit précis, et FixMyStreet Wallonie s’est imposé comme le point de passage obligé avant toute intervention.

À retenir

  • Un réflexe à abandonner : pourquoi appeler directement un désinsectiseur ne suffit plus
  • FixMyStreet Wallonie : comment fonctionne réellement ce portail de signalement régional
  • Juillet, le mois critique : pourquoi le timing de votre signalement change tout

Le réflexe à abandonner : appeler directement un professionnel

Composer le numéro d’une entreprise de désinsectisation semblait logique. Mais la gestion du frelon asiatique en Wallonie ne fonctionne plus au coup par coup depuis plusieurs années déjà. Depuis 2023, la Wallonie ne procède plus à la neutralisation systématique des nids et la responsabilité de cette neutralisation dépend de la localisation du nid. Concrètement, un nid installé sur une propriété privée, un nid dans un espace communal ou un nid sur le domaine public régional ne relèvent pas des mêmes interlocuteurs, ni des mêmes procédures.

La raison de fond est simple, et un peu déprimante : l’éradication de l’espèce n’est plus un objectif réaliste. Arrivé en Belgique en 2016, le frelon asiatique à pattes jaunes est maintenant implanté sur une grande partie du territoire wallon, et vu l’étendue de l’invasion au niveau européen, il est illusoire de penser pouvoir l’éradiquer, ce qui impose de prioriser les actions de neutralisation sur les nids qui représentent une menace pour la santé publique ou pour l’apiculture. : la Région a fait un tri. Tous les nids ne seront pas détruits, et c’est justement pour organiser ce tri qu’un passage par le portail régional est devenu la norme.

FixMyStreet Wallonie, le sas obligé avant toute destruction

Le nom sonne comme une appli de signalement de nids-de-poule, et c’est un peu ça, version entomologique. La plateforme FixMyStreet Wallonie est désormais disponible pour signaler les nids de frelons asiatiques et coordonner leur neutralisation, dans une catégorie dédiée, et près de cent communes y sont déjà connectées. L’idée derrière cet outil unique n’est pas anodine : l’objectif est d’avoir un seul outil, une seule procédure, pour tous les habitants et toutes les communes.

Le parcours du signalement suit ensuite une logique en cascade. Tout citoyen wallon peut signaler et géolocaliser un nid de frelons asiatiques via FixMyStreet Wallonie, dans la catégorie « Nid de frelon asiatique ». Le signalement est ensuite transmis au référent communal, qui vérifie s’il s’agit bien d’un frelon asiatique et organise la prise en charge, puis chaque commune attribue l’intervention à l’opérateur qu’elle a déterminé (zone de secours, agent communal ou neutralisateur agréé). Impossible donc, en théorie, de simplement dépêcher n’importe quel prestataire sans que ce dernier ait été validé par ce circuit.

Et si la commune n’a pas encore de dispositif propre ? Le citoyen n’est pas laissé sans solution. Si la commune n’a pas mis en place de dispositif propre, le citoyen est orienté vers la liste des neutralisateurs formés, une liste établie et contrôlée par le Centre wallon de Recherches agronomiques. C’est là toute la nuance : on ne peut pas appeler qui on veut, mais on peut être redirigé vers un professionnel réellement compétent, formé spécifiquement à cette espèce.

Qui paie la facture, et pourquoi le portail biodiversité complète le dispositif

La question du prix arrive vite dans la conversation, forcément. La Région wallonne prend en charge 50 % du prix moyen d’une intervention, avec un plafond fixé à 30 euros par intervention, et ce pour toutes les communes wallonnes, chaque commune restant libre d’organiser sa propre politique à l’égard du citoyen (gratuité ou facturation partielle). Certaines communes, comme Ans qui envisage de rendre le signalement obligatoire sous peine d’amende, vont plus loin encore dans l’encadrement du dispositif.

Ce circuit budgétaire n’est qu’une partie de l’histoire. Il existe aussi un site de référence, moins connu que FixMyStreet mais tout aussi central : le portail biodiversité du Service public de Wallonie. Un canal unique est mis en place pour centraliser les informations liées à l’espèce à destination des citoyens et des acteurs de terrain, accessible sur le portail Biodiversité du Service public de Wallonie, biodiversite.wallonie.be/frelon. C’est là qu’on trouve la carte des neutralisateurs agréés, les critères d’identification, et les explications sur la saisonnalité des nids. L’ensemble du plan d’action représente un effort financier conséquent : un montant de 1 million € pour 2026, contre 180 000 € en 2025, est mobilisé afin de soutenir la lutte contre cette espèce invasive.

Reste un détail qui change tout selon la période de l’année où vous lisez ces lignes. Juillet correspond précisément au pic d’activité des nids les plus problématiques : ces nids secondaires, actifs de juillet à novembre, peuvent abriter plusieurs milliers d’individus et présenter un risque accru lorsqu’ils sont situés à proximité des habitations, des écoles ou des lieux publics. Autant dire que le timing du signalement compte presque autant que la procédure elle-même : un nid repéré maintenant, en pleine saison, a statistiquement plus de chances d’être jugé prioritaire par le référent communal qu’un nid signalé en plein hiver, quand les colonies se sont déjà dispersées.

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