Je ne regardais que la lettre du Nutri-Score : l’erreur qui change tout

Lors de vos courses, vous avez peut-être pris l’habitude de vous fier au Nutri-Score, ce logo coloré apposé sur les emballages alimentaires, allant de la lettre A (vert foncé) à E (rouge), censé vous guider vers des choix plus sains. Mais saviez-vous que se concentrer uniquement sur cette lettre peut induire en erreur ? Une analyse plus approfondie s’impose.

À retenir

  • Le Nutri-Score a changé en 2025, impactant scores et produits traditionnels.
  • Se fier seulement à la lettre peut masquer des différences nutritionnelles majeures.
  • Le débat européen révèle tensions et intérêts cachés autour du Nutri-Score.

Le Nutri-Score : un outil en constante évolution

Introduit en France en 2017, le Nutri-Score a rapidement été adopté par plusieurs pays européens, dont la Belgique. Son objectif est clair : simplifier l’information nutritionnelle pour le consommateur. Cependant, sa méthode de calcul a évolué au fil des années pour mieux refléter les connaissances scientifiques actuelles.

En mars 2025, une mise à jour significative a été validée en France. Cette nouvelle version durcit l’évaluation des produits riches en sel, sucre et édulcorants. Par exemple, les boissons sucrées, y compris les sodas « light », ont vu leur score se dégrader. À l’inverse, les aliments riches en fibres et en bonnes graisses ont bénéficié d’une meilleure notation. Cette révision vise à encourager des choix alimentaires plus sains en alignant le Nutri-Score sur les recommandations nutritionnelles actuelles.

Les limites d’une lecture simpliste

Se fier uniquement à la lettre affichée peut être trompeur. Prenons l’exemple des huiles. Avant la mise à jour, une huile d’olive pouvait être notée C. Désormais, certaines huiles avec une teneur plus faible en acides gras saturés, comme l’huile d’olive, sont notées B. Cependant, cela ne signifie pas que toutes les huiles notées B se valent. La composition spécifique de chaque produit joue un rôle crucial.

De plus, certains produits traditionnels, comme le roquefort ou le comté, ont vu leur score se dégrader, suscitant des débats sur l’impact du Nutri-Score sur les produits du terroir. Il est donc essentiel de ne pas se limiter à la lettre, mais de considérer l’ensemble des informations nutritionnelles disponibles.

Un contexte européen complexe

Au niveau européen, le Nutri-Score a rencontré des résistances. En mars 2025, la Commission européenne a renoncé à rendre cet étiquetage obligatoire dans l’ensemble des pays membres, cédant aux pressions de certains États, notamment l’Italie, qui considéraient que le système pénalisait leurs produits traditionnels. Cette décision a été critiquée par des experts en nutrition, qui y voient une influence excessive des lobbies agroalimentaires au détriment de la santé publique.

Comment utiliser le Nutri-Score à bon escient ?

Pour tirer le meilleur parti du Nutri-Score, il est recommandé de :

  • Comparer des produits similaires entre eux. Par exemple, si vous hésitez entre deux types de céréales, le Nutri-Score peut vous aider à choisir le plus sain.
  • Ne pas se fier uniquement à la lettre, mais également consulter la liste des ingrédients et le tableau nutritionnel pour une compréhension complète.
  • Prendre en compte la fréquence et la quantité de consommation. Un produit noté D ou E peut être consommé occasionnellement dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

En somme, le Nutri-Score est un outil précieux, mais il ne remplace pas une lecture attentive des étiquettes et une approche globale de votre alimentation. En étant informé et critique, vous pourrez faire des choix plus éclairés pour votre santé.

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