Depuis plusieurs mois, les consommateurs belges ont constaté une raréfaction des œufs dans les rayons de leurs supermarchés. Cette situation, loin d’être anodine, résulte d’une conjonction de facteurs inattendus qui ont bouleversé le marché avicole mondial.
À retenir
- Pourquoi les œufs disparaissent-ils soudainement des rayons belges ?
- Une crise mondiale aviaire bouleverse l’offre et la demande d’œufs.
- Les solutions importent-elles vraiment face à des réglementations strictes ?
La grippe aviaire : un fléau mondial aux répercussions locales
La grippe aviaire, ou influenza aviaire, a frappé de plein fouet les élevages de volailles à travers le monde. Aux États-Unis, l’épidémie a conduit à l’euthanasie de 158 millions de volailles entre 2022 et début 2025, provoquant une pénurie massive d’œufs et une flambée des prix. En janvier 2025, le prix d’une douzaine d’œufs a atteint 4,95 dollars (environ 4,55 €), soit une augmentation de 65 % en un an. lemonde.fr
En Europe, la situation n’est guère plus reluisante. La France a été touchée par une pénurie d’œufs en mars 2025, conséquence directe de la panique des consommateurs face aux images de rayons vides aux États-Unis. Cette ruée vers les œufs a exacerbé un marché déjà tendu, la production française ayant diminué de 4 % par rapport à 2021 en raison des séquelles de la grippe aviaire. lemonde.fr
Une demande accrue et une offre en berne
La Belgique n’a pas été épargnée par cette crise. En novembre 2025, le prix des œufs a atteint un nouveau record, avec 18,56 centimes d’euro pour un œuf brun de 62,5 grammes, selon la commission des prix de Kruisem. Cette hausse s’explique par une offre réduite due à la grippe aviaire en Europe et une demande croissante à l’approche des fêtes de fin d’année. rtl.be
Par ailleurs, la consommation d’œufs a augmenté de 6 % en 2025, atteignant une moyenne de 240 œufs par personne par an. Cet attrait pour l’œuf, renforcé par ses qualités nutritionnelles et son prix abordable, a mis la filière sous pression. closermag.fr
Des importations limitées et des réglementations strictes
Face à cette pénurie, certains pays ont tenté d’importer des œufs pour pallier le manque. Les États-Unis, par exemple, ont envisagé d’importer des œufs d’Europe. Cependant, les réglementations sanitaires strictes et les différences de normes entre les continents ont compliqué ces échanges. fr.euronews.com
En Belgique, les importations d’œufs sont également soumises à des normes sanitaires rigoureuses, limitant les possibilités d’approvisionnement extérieur. De plus, la production nationale, bien que stable, peine à répondre à la demande croissante.
Vers une stabilisation du marché ?
Les experts estiment que la situation pourrait se stabiliser dans les mois à venir, à condition que la grippe aviaire soit maîtrisée et que la production reprenne son rythme habituel. Cependant, la vigilance reste de mise, et les consommateurs belges devront peut-être s’habituer à des prix plus élevés et à une disponibilité fluctuante des œufs dans les rayons.
En attendant, il est recommandé de privilégier les circuits courts et les producteurs locaux, qui garantissent une traçabilité et une qualité optimales des produits. Cette approche permet de soutenir l’économie locale. De plus, de réduire l’empreinte carbone liée au transport des denrées alimentaires.
La crise actuelle des œufs souligne l’importance de la résilience des systèmes alimentaires face aux aléas sanitaires et économiques. Elle invite également à une réflexion sur nos modes de consommation et sur la nécessité de diversifier nos sources de protéines pour assurer une alimentation équilibrée et durable.