Rouler en speed pedelec sans plaque d’immatriculation en Belgique, c’est s’exposer à une amende de 116 euros. Pas une nouveauté de 2026 à proprement parler, mais une règle que des milliers de nouveaux utilisateurs ignorent encore, à mesure que ces vélos électriques rapides envahissent les pistes cyclables flamandes, et progressivement, les routes wallonnes et bruxelloises.
À retenir
- Pourquoi un vélo électrique rapide n’a pas le même statut qu’un VAE classique ?
- Combien de speed pedelecs sont déjà enregistrés en Belgique et quelle région domine le marché ?
- Quelles sont les autres conditions cumulatives pour rouler légalement en speed pedelec ?
Un vélo qui n’en est pas un : pourquoi la plaque est obligatoire
Le speed pedelec est un vélo électrique dont l’assistance au pédalage peut atteindre 45 km/h, ce qui le distingue d’un VAE classique dont le moteur s’arrête à 25 km/h. Cette vitesse change tout dans sa classification légale. En Belgique, le speed pedelec est officiellement désigné comme un « cyclomoteur de classe P ». Il ne rentre dans aucune catégorie préexistante : il roule trop vite pour être un vélo, mais nécessite l’effort du cycliste pour avancer, ce qui l’empêche d’être totalement assimilé à un cyclomoteur ordinaire. D’où une réglementation propre, qui a évolué plusieurs fois ces dernières années.
La conséquence directe de ce statut de cyclomoteur classe P : tout speed pedelec doit obligatoirement être immatriculé auprès de la Direction pour l’Immatriculation des Véhicules (DIV) avant de circuler sur la voie publique, et rouler sans plaque expose à une amende de 116 €. Les plaques d’immatriculation pour les speed pedelecs commencent par les lettres « S-P ». Petite et discrète, cette plaque d’environ dix centimètres est pourtant le document qui légalise votre présence sur la route.
Le marché qui accompagne cette obligation est loin d’être marginal. Le nombre de speed pedelecs enregistrés en Belgique augmente de manière exponentielle depuis 2016, et à la mi-2025, près de 104.000 speed pedelecs étaient immatriculés en Belgique. L’année 2025 a enregistré un nombre record d’immatriculations avec 23.681 unités au total. Une dynamique portée quasi exclusivement par la Flandre : les sociétés de leasing étant principalement établies dans le nord du pays, la Flandre recense 97,5% de toutes les immatriculations, tandis que le speed pedelec peine à s’imposer en Wallonie et à Bruxelles, qui ne représentent respectivement que 1,2% et 1,3% du marché.
Ce qu’il faut faire concrètement pour être en ordre
La procédure est moins compliquée qu’on ne l’imagine. Le document indispensable est le Certificat de Conformité (COC), qui prouve que le vélo a été produit conformément aux normes européennes applicables. Il n’est pas nécessaire de l’emporter lors de vos sorties, mais il est nécessaire pour l’immatriculation. En pratique, le revendeur réalise la pré-immatriculation auprès de la DIV et vous remet le COC ainsi que le formulaire rose de demande d’immatriculation. Vous envoyez ce formulaire avec une copie du COC au DIV, ou votre assureur le soumet en ligne via WebDIV. Vous recevez ensuite votre certificat d’immatriculation et votre plaque « SP ».
Depuis août 2025, les démarches ont encore été simplifiées. À partir du 1er août 2025, les véhicules déjà immatriculés en Belgique peuvent être directement immatriculés par WebDIV, sans qu’il soit nécessaire de passer au préalable par bpost. Une plaque d’immatriculation coûte 30 euros, auxquels s’ajoutent éventuellement 12 euros pour la pré-immatriculation d’un véhicule d’occasion, un coût minime au vu de l’amende de 116 euros que vous risquez en roulant sans plaque.
Pour les achats d’occasion, la vigilance s’impose particulièrement. Un speed pedelec d’occasion doit être ré-immatriculé à votre nom auprès de la DIV, et il faut demander au vendeur le certificat d’immatriculation en cours de validité ainsi que le Certificat de Conformité. Pour obtenir cette immatriculation, le speed pedelec doit être homologué. Ce qui ne pose pas de problèmes pour les modèles courants vendus en Europe, mais peut s’avérer plus problématique pour les SP achetés en dehors de l’Union ou en kits à monter soi-même.
Les autres obligations à ne pas négliger
Pour conduire un speed pedelec en Belgique, deux conditions cumulatives s’appliquent : l’âge minimum de 16 ans sans exception, et la possession d’un permis AM (cyclomoteur), B (voiture) ou A (moto). Le permis de conduire doit toujours être emporté lors de vos déplacements, au même titre que le certificat d’immatriculation.
Le casque, lui, ne se discute pas. Il est obligatoire et doit être homologué selon la norme EN 1078 avec protection des tempes et de la nuque, ou selon la norme spécifique NTA 8776, fortement recommandée. Un casque de vélo de tourisme ordinaire ne suffit pas.
Sur la question de l’assurance, beaucoup de propriétaires sont surpris par la réponse : vous ne devez pas assurer votre speed pedelec, sauf s’il est équipé d’un moteur autonome qui vous permet d’avancer sans pédaler. Il est toutefois recommandé de souscrire une assurance familiale pour les éventuels dommages causés aux tiers et une assurance accident privée pour votre propre invalidité après un accident. Autre point souvent méconnu : certaines polices d’assurance familiale excluent spécifiquement les vélos rapides. Vérifiez auprès de votre courtier si les dommages causés aux tiers sont couverts.
Qui roule en speed pedelec en Belgique aujourd’hui ?
La part des sociétés de leasing représente désormais 62,4% des immatriculations de speed pedelecs neufs, tandis que celle des particuliers a décliné à 24,8%. Parallèlement, le marché de l’occasion a connu une croissance de 24% avec 9.623 réimmatriculations en 2025, un segment principalement alimenté par l’arrivée de vélos en fin de contrat de leasing, ensuite rachetés par des particuliers. C’est précisément ce transfert leasing-particulier qui génère le plus grand risque de circuler sans plaque : le nouvel acquéreur oublie, ou ne sait pas, qu’il doit effectuer une nouvelle immatriculation à son nom avant de prendre la route.
Les speed pedelecs ne sont pas soumis au contrôle technique périodique en Belgique, contrairement aux cyclomoteurs ordinaires. Pas de taxe de circulation annuelle non plus, ni de taxe de mise en circulation. Sur le papier, le bilan administratif est donc relativement léger, à condition de ne pas rater la première étape : la plaque avant tout premier trajet.