Partir en vacances à l’étranger au chômage : ce que l’ONEM autorise, comment le déclarer et ce qu’on risque

Un chômeur a droit à 24 jours (samedis compris), soit 4 semaines de vacances par an, et il peut les passer à l’étranger. Les jours de congé déjà pris pendant une période de travail sont compris dans ce quota.

Aucune autorisation préalable n’est nécessaire.

À retenir
  • Un chômeur peut passer jusqu’à 24 jours de vacances à l’étranger par an, samedis compris.
  • Un « V » sur la carte de contrôle suffit pour chaque jour de congé pris, sans autorisation préalable.
  • Au-delà du 24e jour, chaque jour s’indique par un « A » et n’est pas indemnisé.

24 jours par an, destination libre

Pendant les vacances, le chômeur est dispensé de l’obligation d’être disponible pour le marché de l’emploi et de résider en Belgique. Le Portugal, la Thaïlande ou le Canada sont donc permis, tant que l’on reste dans le quota. À part l’indication des jours sur la carte de contrôle, la fiche T89 de l’ONEM, relayée par Infor Jeunes Bruxelles, ne prévoit aucune formalité, ni avant, ni pendant, ni après.

Le décompte est moins intuitif qu’il n’y paraît. Un samedi qui suit directement 5 jours de vacances compte comme un jour de vacances, sauf si le vendredi est le 24e jour. Une semaine du lundi au vendredi en consomme donc six. Quatre semaines de ce rythme suffisent à épuiser le quota, et un voyage de dix jours en entame dix, week-ends compris.

La question de l’argent dépend de la situation de chacun. Pour les jours couverts par un pécule de vacances (versé par l’ancien employeur ou la caisse de vacances), le chômage ne verse rien. Pour les autres jours, l’allocation est payée comme pour un jour « normal ».

Pour une personne qui a travaillé une partie de l’année, une partie des 24 jours peut donc être payée par le pécule, et le reste par l’allocation de chômage. Il vaut mieux faire le calcul avant de réserver les billets.

La lettre V et la résidence en Belgique

Le geste obligatoire tient en une lettre. Il faut inscrire « V » sur la carte de contrôle pour chaque jour de vacances pris. La carte reste en possession du chômeur, même à l’étranger. Le « V » vaut déclaration de congé et suspend l’obligation de disponibilité.

Pas question, en revanche, de travailler ou d’être rémunéré pendant ce congé.

Le chômeur ne peut ni travailler ni bénéficier d’une rémunération pendant ses vacances. Un petit boulot au noir dans un hôtel de la Costa Brava ou un coup de main payé chez un cousin en Espagne ne se cachent pas derrière un « V ». Le « V » couvre uniquement un temps de repos réel. Quant aux jours travaillés, ils doivent être déclarés comme tels sur la carte de contrôle, avant de commencer.

Pour toucher des allocations, il faut avoir sa résidence principale en Belgique et y résider de manière effective. Cela veut dire y vivre la plus grande partie de l’année : on ne peut pas déménager définitivement à l’étranger. L’ONEM et le service de l’emploi de la région (Forem, Actiris, VDAB ou ADG) peuvent vérifier à tout moment que cette condition est remplie.

Au-delà du 24e jour : case A, dispense ou perte d’allocations

Au 25e jour, la règle change.

Si le séjour dépasse les 24 jours, il faut inscrire un « A » dans les cases de la carte de contrôle pour signaler que l’on est indisponible sur le marché de l’emploi. Ces jours ne sont pas indemnisés. Un voyage de six semaines coûte donc deux semaines d’allocations. Les dix-huit jours de vacances restants sont alors à prendre ailleurs dans l’année, ou à renoncer si le quota est déjà entamé.

Pour partir plus longtemps sans perdre ses allocations, il faut une dispense expresse de l’ONEM, et le motif doit être précis. L’ONEM cite par exemple la recherche d’un emploi à l’étranger ou le suivi d’une formation. La recherche d’emploi dans un autre pays européen est possible pendant 3 mois maximum, exceptionnellement portés à 6 mois, avec maintien des allocations. Il faut être chômeur complet indemnisé depuis au moins 4 semaines (une dérogation est possible), introduire le formulaire U2 et s’inscrire comme demandeur d’emploi dans le pays choisi.

Pour les destinations hors Europe, Infor Jeunes Bruxelles indique qu’une recherche d’emploi est possible dans n’importe quel pays du monde, pour deux semaines maximum, via le formulaire C66A. L’ONEM donne son accord si le séjour est jugé opportun pour retrouver un emploi. Il s’agit donc d’une démarche professionnelle, qui n’a rien de commun avec des vacances prolongées.

Les sanctions prévues pour les déclarations inexactes ne figurent pas dans les fiches consultées, et il vaut mieux interroger directement l’organisme de paiement (syndicat ou Capac) ou le bureau du chômage de l’ONEM avant le départ. Une règle de bon sens s’applique, toutefois : un séjour déclaré « V » alors qu’il dépasse le quota, ou masque un travail, expose à une récupération des allocations indûment perçues.

Un dernier point concerne le retour. Quand aucune allocation n’a été perçue pendant 4 semaines ou plus, il faut introduire une nouvelle demande et se réinscrire comme demandeur d’emploi, sauf dispense d’inscription. Épuiser ses vacances rémunérées ne déclenche pas cette obligation, même quand cela crée une période non indemnisée de plus de 4 semaines. La réforme du chômage entrée en vigueur le 1er mars 2026 a profondément remanié l’accès aux allocations, mais les pages de l’ONEM consultées pour cet article conservent ce droit de 24 jours.

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