Chaque été, le même scénario se répète : les maisons se vident pour les vacances, et les cambrioleurs le savent parfaitement. Les statistiques de la police fédérale montrent une hausse des cambriolages durant les mois de juillet et d’août, une tendance qui inquiète particulièrement en Wallonie où l’inquiétude atteint 53% des habitants. De quoi rappeler que la vigilance n’est pas une option pendant la saison des grands départs.
À retenir
- Pourquoi les cambrioleurs ciblent-ils précisément vos vacances ?
- Un détail technique qui peut faire toute la différence avec votre assurance
- Le geste que 1 Belge sur 4 commet sans le savoir sur les réseaux sociaux
Une inquiétude justifiée par les chiffres
Les Belges ne se trompent pas sur le risque. Selon une enquête récente, près de quatre habitants sur dix redoutent un cambriolage pendant leurs congés. Le paradoxe, c’est que la prudence numérique ne suit pas toujours : un Belge sur quatre continue de révéler son absence sur les réseaux sociaux, une aubaine pour des cambrioleurs qui repèrent aussi les proies sur Facebook ou Instagram avant de passer à l’action.
Face à ce risque, les réflexes de précaution se sont largement démocratisés. Pour tenter de protéger leur habitation, près de deux Belges sur trois (65%) prennent des précautions avant leur départ, le réflexe le plus courant consistant à vérifier que toutes les portes et fenêtres sont bien fermées (71%). La solidarité de voisinage joue aussi un rôle non négligeable : 59% demandent à un voisin ou à un proche de relever le courrier, tandis que 67% confient un accès à leur domicile à un membre de leur famille.
Sécuriser sa maison avant de partir
Une fenêtre entrouverte, une clé planquée sous le paillasson, une boîte aux lettres qui déborde : ce sont souvent des détails qui font toute la différence. Une part significative des intrusions se fait sans forcer quoi que ce soit. Un rapport de sécurité souligne qu’en Belgique, un quart environ des cambriolages fonctionne sur la « technique de l’opportunité », une simple fenêtre ouverte ou une clé cachée sous le paillasson. le meilleur système d’alarme du monde ne sert à rien si la porte de derrière reste entrebâillée.
Il existe une démarche méconnue mais gratuite et efficace pour les vacanciers : il est possible de demander une surveillance de son habitation par la Police, un formulaire en ligne étant à remplir avant le départ. Les patrouilles passent alors régulièrement devant le domicile signalé, un dispositif simple à activer via le site de la police locale ou fédérale, et qui dissuade souvent les intrusions les plus opportunistes.
Côté matériel, mieux vaut garder les objets précieux hors de vue plutôt que d’investir dans une multitude de gadgets. Les bijoux, l’électronique ou l’argent liquide restent les cibles privilégiées, et les cambrioleurs privilégient toujours la rapidité : ils cherchent des biens faciles à emporter et à revendre, pas des trophées encombrants.
Effraction : les bons réflexes immédiats
Découvrir sa porte fracturée en rentrant de vacances provoque un choc, mais certains gestes doivent primer sur l’émotion. Il faut appeler la police et ne toucher à rien, afin que les policiers puissent constater le cambriolage, mener leur enquête et dresser un procès-verbal. Le numéro d’urgence reste le 101, à composer sans attendre, même si la maison semble vide de tout intrus.
Si le retour se fait en pleine effraction ou juste après le départ des voleurs, la prudence prime sur l’héroïsme. Mieux vaut ne pas essayer de discuter avec les voleurs mais tenter de voir dans quelle direction et à bord de quelle voiture ils prennent la fuite, puis laisser la police faire son travail.
Une fois les forces de l’ordre sur place, plusieurs urgences pratiques s’enchaînent. Il faut faire opposition sur les moyens de paiement volés en appelant Card Stop le plus vite possible pour bloquer les cartes bancaires et empêcher les cambrioleurs de les utiliser, mais aussi penser au smartphone, souvent oublié dans la panique alors qu’il donne accès aux comptes et aux photos privées. Dans la foulée, il convient de faire une liste des objets qui ont disparu et de rassembler un maximum de photos, preuves d’achat et numéros de série des objets volés, base indispensable pour la suite du dossier.
Un détail administratif mérite d’être connu : la victime peut demander le statut de personne lésée, qui octroie des droits comme celui de joindre tout document utile à son dossier, de consulter son dossier et d’être tenu au courant de l’évolution de l’enquête.
Assurance : ce qui change la donne
Beaucoup de sinistrés découvrent trop tard un détail crucial de leur contrat. L’assurance vol est une couverture optionnelle : une assurance incendie ne la reprend pas par défaut, il faut donc souscrire cette couverture en plus de l’assurance incendie de base, rappelle la porte-parole d’Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d’assurances. Sans cette option, les dégâts au bâtiment (porte, fenêtre) peuvent être pris en charge, mais pas le contenu volé.
Le délai de déclaration compte tout autant que les preuves rassemblées. Si une assurance vol a été souscrite, il faut déclarer le cambriolage et le vol à son intermédiaire en assurances dans les 24 heures et communiquer le numéro de procès-verbal au gestionnaire de sinistre. Autre point sensible souligné par les experts du secteur : l’assureur demandera de justifier la valeur du contenu endommagé ou volé, d’où l’intérêt de conserver factures et photos des objets précieux pour prouver qu’on en était bien en possession au moment du sinistre.
Un détail technique change parfois tout le dossier : une intrusion sans trace de forçage complique l’indemnisation. Une intrusion sans effraction, par exemple une fenêtre laissée ouverte ou une porte d’entrée non verrouillée, complique la possibilité d’être indemnisé. Voilà pourquoi vérifier deux fois chaque ouverture avant de fermer la valise n’a rien d’excessif, c’est littéralement ce qui sépare un dossier accepté d’un refus pur et simple.
Sources : lavenir.net | lavenir.net