La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, donc pas question de « roam like at home » une fois la frontière passée. Contrairement à l’UE, le roaming en Suisse est payant chez Proximus et les tarifs peuvent vite grimper, avec des prix qui montent jusqu’à 14,52 € par mégaoctet. De quoi transformer un séjour tranquille dans les Alpes en gouffre financier, si personne n’a pris la peine de prévenir le voyageur avant le décollage.
À retenir
- Pourquoi les tarifs suisses explosent alors que l’Europe est gratuite
- Ce que les opérateurs belges vous facturent vraiment au-delà de la frontière
- Les réflexes simples à adopter avant de traverser le pays
Pourquoi la Suisse coûte si cher alors que le reste de l’Europe est gratuit
Le réflexe est compréhensible. depuis des années, les Belges qui voyagent en France, en Allemagne ou en Espagne utilisent leur forfait sans y penser, grâce à la réglementation européenne sur l’itinérance. Mais la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne et n’est donc pas couverte par la réglementation « Roam Like at Home ». Des frais de roaming s’appliquent en Suisse, et il est conseillé de désactiver vos données mobiles si vous traversez le pays. Ce dernier point vaut aussi pour ceux qui filent vers l’Italie en passant par le tunnel du Gothard : quelques kilomètres sur le sol helvétique suffisent à activer la facturation.
Chez Proximus, la note grimpe particulièrement vite. Selon la destination et l’offre, les tarifs peuvent atteindre jusqu’à 21,50 €/MB, avec un risque de facture élevée si l’on n’y prête pas attention. Un mégaoctet, c’est presque rien : une photo échangée sur WhatsApp, quelques secondes de vidéo, une carte qui se charge sur une appli de navigation. À ce tarif, une simple recherche d’itinéraire en voiture peut coûter plus cher qu’un plein d’essence.
Ce qu’un conseiller explique vraiment sur le terrain
Le scénario est classique : un client belge appelle son opérateur avant de partir en Suisse, pensant que « l’Europe, c’est l’Europe ». Le conseiller doit alors expliquer que la Confédération helvétique reste à part, et détailler les options pour éviter le piège. Chez Proximus, quand vous commencez à utiliser votre abonnement mobile en dehors des pays de la zone UE, le Daily Roaming Pass est automatiquement activé : pour un prix fixe par jour, vous pouvez appeler, envoyer des SMS et utiliser vos données mobiles comme en Belgique, sans frais imprévus. Ce filet de sécurité coûte 7,49 € par jour dans la zone A, qui inclut la Suisse, un montant qui grimpe vite sur un séjour d’une semaine, mais qui reste largement préférable à une facturation à la carte.
Le hic, c’est que cette activation automatique peut elle-même surprendre : certains clients découvrent le pass sur leur facture sans l’avoir demandé expressément, simplement parce qu’ils ont utilisé leur téléphone une seule fois en traversant le pays. D’où l’intérêt de couper les données mobiles en itinérance dès l’atterrissage, ou dès le passage de la frontière en voiture, et de ne les réactiver qu’après avoir choisi une option adaptée.
Chez Orange Belgique, la logique est différente mais tout aussi vigilante : les nouvelles règles s’appliquent uniquement aux États membres de l’Union européenne et de l’EEE (Islande, Norvège et Liechtenstein). Andorre et la Suisse ne font pas partie de cette catégorie. La Suisse fait partie de la zone 2 (Best Destinations), une catégorie de pays populaires où les tarifs sont réduits par rapport au reste du monde, mais qui reste hors du forfait national. Une option comme Best Destinations Data, à 9,95 € par mois, offre 500 Mo utilisables dans cette zone, ce qui reste modeste pour qui compte streamer ou naviguer sans compter.
Le contraste saisissant avec le reste de l’Union européenne
Ce qui rend la pilule encore plus difficile à avaler, c’est le contraste avec les progrès récents à l’intérieur de l’UE. Depuis le 1er janvier 2026, l’Union européenne a mis fin aux mauvaises surprises de roaming entre ses pays membres : lorsqu’un opérateur facture de la data consommée dans un autre pays de l’UE, le supplément qu’il peut ajouter au prix normal du forfait est plafonné à 1,10 euro par gigaoctet. Une paille, comparée aux montants pratiqués en Suisse. Et cette zone continue de s’élargir : elle inclut désormais l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, ainsi que l’Ukraine et la Moldavie depuis le début de cette année.
La Suisse, elle, reste résolument à l’écart de ce mouvement, malgré sa position géographique en plein cœur du continent. Certains opérateurs français ont d’ailleurs pris le pli d’intégrer le pays dans leurs forfaits voyage les plus généreux : selon un décompte récent, la Suisse est incluse dans la moitié des forfaits chez Free, dans tous les forfaits Orange, dans la majorité des forfaits Bouygues et de SFR. Rien de comparable n’existe pour l’instant chez les opérateurs belges, où la Confédération reste cantonnée aux zones tarifaires « monde » les plus onéreuses.
Les réflexes à adopter avant de passer la frontière
La meilleure parade reste l’anticipation. Basculer son téléphone en mode avion dès l’entrée sur le territoire suisse, ou désactiver uniquement les données mobiles tout en gardant les appels d’urgence, évite déjà la majorité des mauvaises surprises. Pour un séjour prolongé, mieux vaut comparer le coût d’un pass journalier ou hebdomadaire proposé par son opérateur belge avec celui d’une carte SIM prépayée suisse, achetable sur place, ou d’une eSIM dédiée activable avant le départ.
Un détail mérite d’être gardé en tête : le roaming ne se limite pas aux longs séjours dans les Alpes. Les voyageurs qui traversent simplement la Suisse en voiture pour rejoindre l’Italie ou l’Autriche, sans jamais y passer une nuit, restent exposés dès que leur téléphone accroche une antenne suisse en cours de route. Une poignée de minutes suffit parfois à générer plusieurs dizaines d’euros de frais, pour une destination qu’on ne comptait même pas visiter.
Sources : clubic.com | alao.ch