Je klaxonnais la voiture qui traînait au feu vert : un policier m’a montré que ce réflexe d’une seconde me coûtait 58 € à chaque fois

Un coup de klaxon expéditif contre le conducteur qui n’a pas encore décollé au feu vert : un geste presque automatique pour beaucoup d’automobilistes belges, et pourtant une infraction en bonne et due forme. En Belgique, ce réflexe est classé comme usage abusif de l’avertisseur sonore et coûte 58 euros en perception immédiate. Ce montant vient d’ailleurs de grimper à 64 euros depuis le 1er juillet 2026, à la suite d’une révision générale des tarifs des amendes routières.

À retenir

  • Un réflexe de deux secondes peut déclencher une cascade d’amendes pouvant atteindre 2.500 euros
  • Les montants viennent d’augmenter : 64 euros au lieu de 58 euros depuis le 1er juillet 2026
  • La police tolère moins cette infraction désormais, notamment en raison de la pollution sonore urbaine

Le klaxon, un outil de sécurité, pas d’humeur

Le Code de la route belge n’interdit pas le klaxon, il l’encadre strictement. L’avertisseur sonore, ou le klaxon, a un usage clairement dérangeant pour les riverains, et le code précise que les coups de klaxon doivent être aussi brefs que possible, n’étant autorisés que pour avertir d’un risque d’accident et, hors agglomération, pour signaler qu’on se propose de dépasser. Traduit en langage courant : klaxonner parce qu’un conducteur regarde son GPS pendant deux secondes après le passage au vert ne fait partie d’aucune de ces catégories. Il n’y a ni risque d’accident, ni volonté de dépasser. Juste de l’impatience.

La nuit, les règles se durcissent encore. Le Code de la route précise qu’entre la tombée et le lever du jour, sauf en cas de danger imminent, les avertissements sonores doivent être remplacés par l’emploi court et alterné des feux de route et des feux de croisement. un appel de phares suffit largement pour signaler qu’un feu est passé au vert, de jour comme de nuit. Le klaxon, lui, reste réservé aux situations où un accident se profile réellement, un piéton qui traverse sans regarder, un cycliste dans l’angle mort, une manœuvre dangereuse d’un autre véhicule.

Ces règles ne sortent pas de nulle part. L’usage des avertisseurs sonores est régi par le code de la route, aux articles 33 et 37, ainsi qu’au niveau local par certains règlements généraux de police. Deux niveaux de contrainte se superposent donc : la loi fédérale, et parfois des règlements communaux qui peuvent ajouter leurs propres sanctions administratives en cas de nuisance sonore répétée.

Ce que coûte vraiment ce petit coup de klaxon

En Belgique, les infractions routières sont classées en quatre degrés de gravité. L’usage abusif du klaxon appartient à la catégorie la plus légère, celle du premier degré, qui regroupe les manquements jugés les moins dangereux pour la sécurité des autres usagers. Les infractions du premier degré sont celles qui ne sont reprises dans aucune des autres catégories et sont en principe les moins dangereuses : une perception immédiate de 58 euros peut être proposée par la police, une transaction de 85 euros par le Parquet, un ordre de paiement de 115 euros peut être émis par le Parquet, et une amende de 100 à 2.500 euros peut être imposée par le tribunal de police.

Ce mécanisme en cascade mérite d’être compris. Le premier montant, 58 euros, correspond à ce que la police peut vous proposer de payer immédiatement, ou dans les jours qui suivent via le PV. Si vous ignorez cette proposition, le dossier remonte au Parquet, qui propose une transaction plus salée. Sans réaction de votre part, l’affaire peut finir devant le tribunal de police, où l’amende plancher grimpe déjà à 100 euros, sans plafond réel jusqu’à 2.500 euros selon les circonstances. Un simple coup de klaxon impatient peut donc, en théorie, se transformer en une note bien plus lourde si on laisse traîner les choses.

Et ce montant de 58 euros n’est déjà plus tout à fait d’actualité. Les montants des perceptions immédiates pour les infractions routières augmentent de 10%, une première depuis 2017, si bien que les contrevenants ayant commis une infraction de premier degré devront désormais payer 64 euros, au lieu de 58 euros auparavant. Ce réajustement, entré en vigueur le 1er juillet 2026, découle directement de la hausse des décimes additionnels appliqués aux amendes prévues par la loi sur la circulation routière, comme le confirme le SPF Mobilité et Transports.

Pourquoi la police verbalise (enfin) ce genre de comportement

Pendant longtemps, le petit coup de klaxon au feu vert relevait d’une tolérance tacite. Les patrouilles avaient d’autres priorités, la vitesse, l’alcool, le téléphone au volant. Mais la pollution sonore urbaine est devenue, ces dernières années, un sujet de préoccupation à part entière pour les autorités locales, notamment à Bruxelles où les plaintes pour nuisances liées aux avertisseurs sonores sont suivies par les services environnementaux régionaux. Un simple klaxon impatient, répété des dizaines de fois par jour à un carrefour animé, finit par constituer une gêne réelle pour les riverains, bien plus que pour le conducteur visé.

Ce qui change la donne aujourd’hui, c’est la facilité de verbalisation. Un agent présent sur place, ou même une caméra de surveillance urbaine dans certaines zones, peut désormais établir un procès-verbal sans qu’il y ait eu accident ni altercation. Le geste dure une seconde, la sanction peut suivre des semaines plus tard par courrier, avec le PV comme preuve suffisante puisque les forces de l’ordre n’ont pas besoin de démontrer un préjudice, seulement l’absence de danger immédiat justifiant l’usage du klaxon.

Pour éviter la mauvaise surprise, la meilleure parade reste la plus simple : patienter deux ou trois secondes avant de réagir, ou utiliser un bref appel de phares si vraiment il faut signaler quelque chose. Le réflexe du klaxon, lui, ne devrait rester qu’une réaction à un danger réel, pas à l’inattention passagère d’un voisin de circulation. Une chose à savoir enfin : contrairement à un excès de vitesse, cette infraction n’entraîne aucun retrait de points, mais elle reste inscrite comme n’importe quelle amende routière, et son non-paiement suit exactement le même circuit judiciaire qu’un excès de vitesse non réglé.

Laisser un commentaire