Imaginez la scène : votre lave-linge tombe en panne après 18 mois d’utilisation. Le réparateur vous annonce une facture de 300 €. Avant de sortir votre portefeuille, savez-vous que vous pourriez éviter cette dépense grâce à une garantie souvent passée sous silence par les vendeurs ?
À retenir
- Une garantie légale de deux ans vous protège sans coût supplémentaire.
- Pourquoi les vendeurs omettent-ils de vous informer sur ce droit essentiel ?
- Faut-il vraiment souscrire une extension de garantie payante ?
La garantie légale de deux ans : un droit fondamental
En Belgique, tout consommateur bénéficie automatiquement d’une Garantie légale de deux ans sur les biens neufs achetés auprès d’un professionnel. Cette garantie couvre les défauts de conformité existants au moment de la livraison et qui apparaissent dans les deux ans suivant l’achat. Elle s’applique à une vaste gamme de produits, des appareils électroménagers aux smartphones, en passant par les meubles et les véhicules.
Il est essentiel de noter que cette garantie est une obligation légale pour le vendeur. Elle ne peut être réduite ni supprimée par des clauses contractuelles. Même si le vendeur propose une garantie commerciale supplémentaire, celle-ci ne remplace pas la garantie légale et ne peut en limiter la portée.
Pourquoi les vendeurs omettent-ils de mentionner cette garantie ?
Plusieurs raisons expliquent pourquoi certains vendeurs ne mettent pas en avant la garantie légale :
- Manque d’information : Certains vendeurs ne sont pas suffisamment formés sur les obligations légales en matière de garantie.
- Intérêt commercial : Promouvoir des garanties commerciales payantes ou des extensions de garantie peut être plus lucratif pour le vendeur.
- Complexité perçue : Expliquer les détails de la garantie légale peut sembler fastidieux, surtout si le vendeur estime que le client ne posera pas de questions à ce sujet.
Cette omission peut conduire les consommateurs à payer pour des réparations ou des garanties supplémentaires inutiles, alors qu’ils sont déjà protégés par la loi.
Comment faire valoir vos droits ?
Si vous êtes confronté à un défaut sur un produit acheté il y a moins de deux ans, voici les étapes à suivre :
- Contactez le vendeur : Informez-le du problème dès que possible, de préférence par écrit (e-mail ou courrier recommandé).
- Présentez une preuve d’achat : Conservez toujours votre ticket de caisse ou votre facture, indispensables pour faire valoir la garantie.
- Demandez une réparation ou un remplacement : Le vendeur est tenu de réparer ou de remplacer le produit défectueux sans frais. Si cela est impossible ou disproportionné, une réduction de prix ou un remboursement peut être envisagé.
Il est important de noter que pendant les six premiers mois suivant l’achat, tout défaut est présumé exister depuis la livraison, sauf preuve contraire du vendeur. Après cette période, le consommateur devra prouver que le défaut existait déjà au moment de la livraison.
Les extensions de garantie : sont-elles vraiment nécessaires ?
Les vendeurs proposent souvent des extensions de garantie payantes. Avant d’y souscrire, posez-vous les questions suivantes :
- Quelle est la durée de l’extension ? : Si elle commence dès l’achat, elle chevauche la garantie légale, rendant les deux premières années redondantes.
- Que couvre-t-elle exactement ? : Certaines extensions excluent des éléments essentiels ou imposent des conditions strictes.
- Y a-t-il des frais supplémentaires ? : Des coûts cachés peuvent s’ajouter, comme des frais de déplacement ou de main-d’œuvre.
Dans de nombreux cas, la garantie légale suffit à couvrir les défauts éventuels, rendant les extensions de garantie superflues.
Vers une extension de la garantie légale ?
En février 2025, le ministre de la Protection des consommateurs, Rob Beenders, a proposé d’étendre la garantie légale de deux à trois ans. Cette initiative vise à mieux refléter la durée de vie des produits et à renforcer la protection des consommateurs. Si cette mesure est adoptée, elle offrira une couverture supplémentaire sans coût additionnel pour les acheteurs.
En conclusion, avant de payer pour une réparation ou une garantie supplémentaire, informez-vous sur vos droits. La garantie légale de deux ans est là pour vous protéger. Ne laissez pas un manque d’information vous coûter cher.